Réduction de l’empreinte carbone grâce aux matériaux biosourcés selon la RE2020
La réglementation environnementale RE2020 valorise explicitement l'usage des matériaux biosourcés pour décarboner la construction neuve. Elle facilite ainsi la conformité des bâtiments avec des standards énergétiques et environnementaux renforcés. Ces matériaux naturels, issus de ressources renouvelables, engendrent une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble de leur cycle de vie, incluant production, transport, usage et fin de vie.
Cette démarche contribue aussi à réduire la consommation de ressources fossiles et la pollution chimique, tout en optimisant la gestion durable des matériaux. En intégrant des éléments comme le bois ou le chanvre, les constructions deviennent de véritables puits carbones actifs, captant durablement le CO₂ atmosphérique et participant ainsi à la lutte contre le changement climatique.
Isolation et confort thermique accrus offerts par les matériaux biosourcés
Les matériaux biosourcés assurent une isolation thermique performante et renforcent le confort intérieur.
Le bois certifié, référence en isolation thermique
Le bois certifié (FSC, PEFC) est le matériau biosourcé le plus utilisé dans le neuf. Il offre une isolation thermique approximativement 15 fois supérieure à celle du béton classique, réduisant ainsi très concrètement les besoins en chauffage et climatisation. Sa capacité à limiter les ponts thermiques améliore la performance énergétique globale du bâtiment.
Autres matériaux et leurs bénéfices
La paille, le chanvre (notamment sous forme de béton de chanvre), la ouate de cellulose, la laine naturelle ou le liège proposent également d’excellentes isolations thermique et acoustique. Ils régulent naturellement l’humidité ambiante, offrant une qualité d’air supérieure en limitant les composés organiques volatils (COV) émis par les matériaux classiques.
Le béton de chanvre présente par exemple une perméabilité à la vapeur d’eau qui aide à l’évaporation de l’humidité et améliore l’hygiène de l’habitat. Sa capacité d’absorption du CO₂ pendant la croissance du chanvre en fait un matériau à la fois isolant et écologique.
Avantages économiques et valorisation immobilière des constructions biosourcées
Les matériaux écoresponsables apportent des bénéfices économiques durables et valorisent les biens immobiliers :
- Valorisation immobilière : une maison intégrant ces matériaux peut voir sa valeur augmenter de 8 à 12 %, témoignant d’une demande accrue pour des logements respectueux de l’environnement et économes en énergie.
- Investissement compensé : même si le coût initial est plus élevé, par exemple avec le chanvre qui est environ cinq fois plus cher que le béton armé, les économies d’énergie à long terme amortissent largement ce surcoût.
- Entretien réduit : la durabilité du bois ou de la terre crue minimise les interventions de maintenance et réparations, réduisant les charges sur la durée de vie du bâtiment.
- Cycle de vie favorable : ces matériaux sont souvent renouvelables, recyclables ou biodégradables, ce qui diminue les coûts liés à la gestion et élimination des déchets en fin de chantier.
Contraintes techniques et limites spécifiques des matériaux biosourcés en construction
Quelles sont les exigences techniques pour utiliser ces matériaux ?
Les matériaux biosourcés nécessitent une expertise technique accrue. Leur mise en œuvre demande une formation spécialisée afin de respecter leurs propriétés physiques et assurer la durabilité de la construction. Cette exigence peut freiner certains projets, en particulier en auto-promotion, faute de compétences adaptées.
Quels sont les risques liés à leur durabilité ?
Sans traitements spécifiques, certains matériaux peuvent présenter une résistance limitée face à l’humidité ou aux attaques biologiques telles que champignons et insectes. Cependant, des solutions chimiques maîtrisées peuvent pallier en partie ces vulnérabilités.
Comment la disponibilité locale influe-t-elle sur leur usage ?
La disponibilité régionale des matériaux est souvent contrainte. Par exemple, le liège est importé majoritairement d’Espagne ou du Portugal, ce qui augmente l’empreinte carbone du transport et complique l’approvisionnement. D’autres biosourcés dépendent des ressources agricoles locales et peuvent être soumis à des fluctuations saisonnières.
Le coût est-il un frein majeur à leur adoption ?
Le surcoût initial, inhérent à certains matériaux biosourcés, peut décourager des particuliers, surtout dans des projets à budget serré. Certaines contraintes réglementaires fluctuantes ralentissent aussi leur intégration généralisée, nécessitant une adaptation progressive des normes du secteur.
Sensibilisation et rôle des professionnels pour généraliser les matériaux écoresponsables
Pour démocratiser l’usage des matériaux biosourcés, il est essentiel d’impliquer plusieurs acteurs :
- Sensibilisation des maîtres d’ouvrage, architectes, constructeurs et particuliers, afin de dissiper les freins techniques et économiques.
- Incitations publiques, via des dispositifs réglementaires, avantages fiscaux et formations dédiées aux professionnels, garantissant la qualité des réalisations.
- Développement des filières locales pour réduire les distances de transport, diminuer les coûts environnementaux et dynamiser les économies territoriales.
- Valorisation par les labels tels que FSC, PEFC ou « bâtiment biosourcé », qui renforcent la confiance des acquéreurs et la traçabilité durable des matériaux.
- Formations techniques spécialisées pour bâtisseurs et artisans, niveau indispensable afin d’atteindre les performances thermiques, mécaniques et sanitaires attendues.

Dans cette optique, vous pouvez approfondir le choix des matériaux d’isolation thermique en découvrant par exemple comment sélectionner la meilleure solution d’isolation thermique adaptée à votre projet. De même, choisir les matériaux pour une première construction ou rénovation vous aide à comparer les options durables selon vos besoins et contraintes.