Identité des parties et description précise du bien dans le compromis
Le compromis de vente doit impérativement contenir une identification claire et exhaustive des parties engagées : nom, coordonnées complètes, et situation matrimoniale sont requis pour éviter toute ambiguïté juridique qui pourrait compromettre la validité de l’acte.
La description du bien immobilier nécessite un soin particulier : il faut mentionner la localisation exacte, la superficie, ainsi que les équipements et annexes qui le composent. On n’oublie pas non plus d’indiquer la situation juridique, comme l’existence éventuelle de servitudes, hypothèques ou autres charges qui pourraient peser sur le bien.
Cette identification précise est la pierre angulaire du compromis car elle fixe clairement les droits et obligations des parties sur le bon bien et avec les bonnes personnes, garantissant ainsi la sûreté juridique de la transaction.
Le dossier de diagnostic technique (DDT) : essentiel pour informer l’acheteur
Le dossier de diagnostic technique (DDT) doit être systématiquement annexé au compromis de vente. Il rassemble plusieurs diagnostics essentiels, notamment l’état de présence d’amiante, le plomb, la performance énergétique, ainsi que l’état des installations électriques et de gaz, sans oublier les risques naturels et technologiques.
L’absence de remise de ce dossier expose à la nullité du compromis pour défaut d’information, ce qui protège l’acheteur contre les vices cachés ou risques sanitaires majeurs non déclarés.
Pour les biens situés en copropriété, le compromis doit compléter le DDT par des documents relatifs à la copropriété : règlement, procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années, état des charges courantes et dettes éventuelles. Ces pièces renseignent l’acheteur sur la situation financière et la gestion de la copropriété.
Clauses suspensives, notamment la condition d’obtention du prêt immobilier
La clause suspensive d’obtention du prêt : une protection indispensable
Les clauses suspensives conditionnent la validité de la vente à la survenue d’événements précis. La plus déterminante est la condition suspensive d’obtention de financement. Elle protège l’acheteur dont le projet dépend d’un prêt bancaire : si le prêt est refusé, le compromis devient caduc sans pénalité.
Délai et modalités de mise en œuvre
Cette clause précise un délai, souvent compris entre 30 et 60 jours, dans lequel l’acheteur doit obtenir la réponse de la banque. Ce délai doit être rigoureusement respecté, avec des modalités claires de notification au vendeur, faute de quoi la protection peut être perdue.
Autres clauses suspensives
Outre le prêt, le compromis peut comporter d’autres conditions suspensives : obtention d’un permis de construire, mise en conformité du bien, ou résultats négatifs à certains diagnostics. Ces clauses renforcent la sécurité juridique de la transaction face aux imprévus.
Droit de rétractation de 10 jours pour l’acheteur particulier
Le compromis de vente doit explicitement indiquer le délai légal de 10 jours calendaires dont bénéficie l’acheteur particulier pour se rétracter. Ce délai commence à courir dès la notification du compromis, par tout moyen permettant de prouver la date de réception.
Pendant cette période, l’acheteur peut annuler la vente sans avoir à se justifier ni subir de pénalité financière. Cette clause permet à l’acquéreur de prendre le temps de la réflexion, évitant ainsi un engagement impulsif.
Le vendeur, en revanche, ne bénéficie pas de ce droit : ses possibilités de désistement doivent être prévues explicitement dans le compromis, ce qui démontre l’asymétrie protectrice en faveur de l’acheteur.

Montant, nature des sommes versées et clauses pénales dans le compromis
Arrhes ou acompte : une distinction cruciale
Le montant versé par l’acheteur à la signature du compromis, entre 5 et 10 % du prix, doit être clairement indiqué, avec la nature juridique de ce versement : arrhes ou acompte (indemnité d’immobilisation).
Les arrhes offrent plus de souplesse à l’acheteur : il peut se désister en perdant simplement la somme versée, ce qui constitue une résiliation plus facile.
Engagement ferme avec l’acompte
L’acompte engage plus fermement l’acheteur. En cas de désistement injustifié hors délai de rétractation ou clauses suspensives, il risque de perdre la totalité et pourrait être contraint à des pénalités supplémentaires. Ce mode de versement marque un engagement solide, quasi irrévocable.
Clauses résolutoires et pénales : encadrer les manquements
On retrouve également dans le compromis des clauses résolutoires, qui précisent les conditions d’annulation du contrat en cas d’inexécution d’une obligation spécifique.
Les clauses pénales ajoutent une sanction financière en cas de manquement, par exemple si l’acheteur ne fait pas les démarches pour obtenir son prêt ou rejette une offre conforme. Ces clauses sont souvent soumises à l’appréciation judiciaire en cas de litige, mais elles renforcent la sécurité juridique pour les deux parties.