L’acheteur dispose d’un droit de rétractation de 10 jours après la signature du compromis de vente
Après la signature d’un compromis de vente, l’acheteur bénéficie d’un droit de rétractation légal encadré par les articles L.271-1 et L.271-2 du Code de la construction et de l’habitation. Ce délai est fixé à 10 jours calendaires, incluant les week-ends et jours fériés.
Ce délai débute le lendemain de la remise en main propre du compromis ou de la première présentation de la lettre recommandée avec accusé de réception, si l’acte est conclu sous seing privé. Si le dixième jour tombe un jour férié ou un week-end, la fin du délai est reportée au premier jour ouvrable suivant, prolongeant parfois la période à 11, 12 voire 13 jours.
Ce droit de rétractation concerne uniquement les acquéreurs particuliers et les biens immobiliers à usage d’habitation, qu’il s’agisse d’une résidence principale, secondaire ou d’un investissement locatif. En revanche, ni le vendeur ni les acheteurs professionnels ne peuvent en bénéficier.
Notons qu’en 2015, ce délai est passé de 7 à 10 jours pour renforcer la protection des acheteurs, dans un contexte immobilier toujours plus contraignant.
La rétractation se formalise par l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception
Pour exercer son droit de rétractation, l’acheteur doit suivre une procédure précise :
- Envoyer une lettre recommandée avec avis de réception à l’attention du vendeur, de l’agent immobilier ou du notaire.
- La date prise en compte est celle de l’envoi postal, afin d’éviter tout litige ultérieur.
- La lettre doit contenir clairement l’objet, les références exactes du compromis de vente, la volonté explicite de se rétracter conformément à l’article L.271-1, ainsi que la demande de restitution du dépôt de garantie, en application de l’article L.271-2 si elle concerne le cas.
- Aucune justification n’est requise : vous n’avez pas besoin d’expliquer votre décision ni de fournir de motif.
- Cette démarche ne génère ni pénalité ni retenue financière pour vous.
Cette simplicité garantit que vous pouvez exercer ce droit en toute sérénité, sans crainte de conséquences financières.
Le dépôt de garantie est restitué intégralement dans un délai de 21 jours en cas de rétractation dans le délai légal
Au moment de la signature du compromis, vous versez souvent un dépôt de garantie généralement compris entre 5 et 10 % du prix de vente, qui est placé sous séquestre soit chez le notaire, soit à l’agence immobilière. Ce dépôt vise à sécuriser la transaction pour les deux parties.
Si vous vous rétractez dans le délai légal de 10 jours, ce dépôt de garantie doit vous être restitué intégralement, sans aucune pénalité. La restitution intervient dans un délai maximal de 21 jours suivant la notification de votre rétractation.
Cette disposition, imposée par l’article L.271-2, protège votre argent pendant la période de réflexion et permet une sortie sécurisée de l’engagement sans frais.
Au-delà du délai légal, la rétractation engage l’acheteur et expose à des sanctions
Quelles sont les conséquences si l’acheteur se rétracte après les 10 jours ?
Passé le délai légal de 10 jours, la signature du compromis vous engage définitivement. Toute tentative de rétractation hors délai est considérée comme un manquement à vos obligations contractuelles.
Dans ce cas, vous perdez le dépôt de garantie et vous vous exposez à des poursuites judiciaires. Le vendeur peut réclamer des dommages-intérêts et demander une procédure de vente forcée pour obtenir la cession du bien.
Le vendeur peut-il se rétracter après la signature ?
Le vendeur ne dispose d’aucun droit unilatéral de rétractation une fois le compromis signé. Il est tenu de vendre le bien aux conditions convenues, sauf si vous acceptez une résiliation amiable ou si un tribunal intervient en cas de vice du consentement (erreur, dol, violence) ou manquement grave.
Quelles conditions permettent d’annuler la vente après le délai légal ?
La principale possibilité d’annuler la vente hors délai est liée aux conditions suspensives formellement insérées dans le compromis, notamment l’obtention d’un prêt immobilier. En cas de refus de crédit, assorti d’une justification des démarches dans les délais, la vente peut légitimement être annulée sans pénalité.
Quels recours le vendeur peut-il exercer en cas de rétractation tardive de l’acheteur ?
Le vendeur peut solliciter le remboursement de dommages-intérêts et engager une action judiciaire afin de contraindre l’acheteur à finaliser la vente, ou de prononcer la résolution du compromis en cas de faute grave.
Les conditions suspensives, notamment l’obtention de prêt, permettent d’annuler la vente hors délai de rétractation
Pour vous protéger lorsque le délai de rétractation est dépassé, le compromis doit impérativement inclure des conditions suspensives. La plus fréquente est l’obtention d’un prêt immobilier pour financer l’acquisition.
En cas de refus du prêt, vous êtes libéré de votre engagement sans pénalité à condition d’avoir diligenté toutes les démarches nécessaires dans les délais impartis.
Il est aussi possible d’envisager une résiliation amiable du compromis si le vendeur accepte de renoncer à la vente. Sinon, seule une résiliation judiciaire basée sur un vice du consentement (erreur, dol, violence) ou un manquement grave peut intervenir, mais ce processus est souvent long et incertain.
Conseils pratiques :
- Assurez-vous que le compromis précise clairement vos conditions suspensives.
- Conservez toutes les preuves des démarches entreprises pour l’obtention du prêt (rejets de banque, courriers, échanges).
- En cas de refus ou difficulté, consultez un professionnel du droit immobilier pour explorer vos recours.
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