Liste légale et limitative des charges récupérables selon le décret de 1987 et la loi de 1989
La répartition des charges locatives entre propriétaire et locataire s’appuie sur un cadre juridique très strict. Le décret n°87-713 du 26 août 1987 établit une liste exhaustive et limitative des charges récupérables que le bailleur peut refacturer au locataire. Cette liste est complétée par l'article 23 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, qui précise les conditions d’imputabilité des dépenses.
Les charges récupérables concernent principalement les frais liés à l’entretien courant du logement, la consommation d’eau, chauffage et électricité des parties communes, les prestations de gardiennage lorsque celles-ci relèvent de tâches strictement définies, ainsi que certaines taxes comme la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
En revanche, la réglementation exclut clairement les charges liées aux grosses réparations du bâtiment, les frais administratifs tels que l’envoi des quittances ou avis d’échéance, de même que les coûts relatifs à la location d’équipements (poubelles, citernes à gaz), qui restent à la charge du propriétaire.
Mécanisme de régularisation annuelle des charges pour un équilibre financier entre parties
Pour assurer une gestion transparente et équilibrée des charges, le propriétaire fixe une provision mensuelle destinée à couvrir les charges récupérables, versée avec le loyer. Cette avance fait ensuite l’objet d’une régularisation annuelle obligatoire, basée sur les dépenses réelles.
Ce mécanisme corrige ainsi tout écart : en cas de trop-perçu, le locataire est remboursé, alors que si les provisions sont insuffisantes, un complément lui est demandé. Le propriétaire doit fournir au locataire un décompte détaillé au moins un mois avant la régularisation, accompagné des justificatifs comme les factures ou contrats de fourniture.
Le locataire bénéficie d’un droit de consultation des justificatifs pendant six mois. Ce contrôle est un levier protégeant contre les charges abusives. En cas de refus ou de non-remise des documents, le locataire peut légalement contester la demande de supplément de charges.
Impact du type de bail sur les modalités de paiement et régularisation des charges locatives
Le type de bail détermine directement les modalités de paiement des charges locatives. Pour un bail d’habitation classique, qu’il soit vide ou meublé, les charges sont généralement acquittées par des provisions mensuelles régulières, qui font l’objet d’une régularisation annuelle.
En revanche, dans le cadre d’un bail mobilité, souvent utilisé pour des locations temporaires, les charges sont versées sous forme d’un forfait fixe. Ce forfait est versé en même temps que le loyer, sans possibilité de régularisation en fin d’année, simplifiant la gestion mais réduisant la flexibilité, tant pour le bailleur que pour le locataire.
Pour un premier acheteur souhaitant louer son bien, adapter les clauses du bail au type précis du contrat est indispensable pour respecter la réglementation en vigueur et prévenir les conflits relatifs aux charges.
[h2]Répartition des charges en copropriété et traitement des impayés entre plusieurs locataires[/h2]Dans le cas d’un bien en copropriété, la répartition des charges récupérables entre locataires suit le règlement de copropriété. Celle-ci se base fréquemment sur un prorata des surfaces occupées ou sur des compteurs individuels lorsque ces dispositifs sont installés.
Le propriétaire, ou le syndic s’il agit pour son compte, doit gérer la collecte et la redistribution des charges selon ces règles, en garantissant une parfaite transparence auprès de chaque locataire. Les charges sont ainsi individualisées et justifiées.
En cas d’impayés de charges, le propriétaire peut réclamer les sommes dues dans un délai de trois ans conformément à la loi ALUR de 2014. Ce délai limite les recours, assurant un équilibre et une protection contre des contestations tardives, et invite à une gestion rigoureuse au fil du temps.

Recours et droits du locataire face aux charges locatives contestées ou non régularisées
Le locataire dispose d’un arsenal de droits pour contester des charges qu’il juge abusives, notamment grâce au droit de consulter les justificatifs pendant six mois après la régularisation. En cas d’absence de remise des pièces ou de contestation sérieuse, il peut refuser le paiement des montants demandés.
Si la régularisation des charges n’a pas lieu dans les délais légaux, le locataire peut solliciter un échelonnement du règlement du rattrapage des charges sur une durée maximale de 12 mois, à condition d’en faire officiellement la demande par écrit.
En cas de difficultés financières, il a la possibilité de demander des délais de paiement ou de recourir gratuitement à un conciliateur de justice, une démarche qui favorise une résolution amiable des conflits.
Conseils pratiques pour les locataires :
- Demander systématiquement les justificatifs de charges dans les délais impartis.
- Conserver précieusement toutes les communications écrites avec le bailleur ou l'agence.
- Ne pas hésiter à faire appel à un tiers conciliateur en cas de blocage persistant.
Conseils pour les propriétaires :
- Tenir rigoureusement la comptabilité des charges récupérables.
- Informer clairement les locataires des modalités de calcul et de paiement.
- Respecter scrupuleusement les délais de régularisation et de communication des documents.
Pour mieux anticiper les taxes et charges associées à votre premier bien, vous pouvez consulter des outils de simulation spécifiques, notamment une simulation des charges de copropriété pour un T3 neuf ou encore un guide complet sur les taxes et impôts à prévoir lors d’un premier achat immobilier.